Emplacement des prises électriques : normes, lois et conseils

Mis à jour le 05 septembre 2019
2019-09-05 11:30:00
Prises électriques

Si l’électricité nécessite un certain nombre de précautions, en général, le cas particulier des prises électriques est intéressant et peut rendre de nombreux services. L’emplacement des prises électriques et tout ce qui les encadre, en termes de normes et de lois est révélateur de la sécurité, mais aussi du confort qui sont alors recherchés.

 

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Budget récapitulatif

Travaux

Prix

fourniture et pose prise de courant 16 A

de 60 à 90 €

fourniture et pose disjoncteur

de 130 à 190 €

fourniture et pose boîte de dérivation

autour de 60 €

diagnostic électrique

150 €

mise en sécurité

environ 1.000 € le m²

remise aux normes

de 60 à 120 € le m²

 

 

La norme en vigueur

La norme électrique qui entre en vigueur pour les prises électriques comme, d’ailleurs, pour l’ensemble de votre installation, est la norme NF C 15-100. Il s’agit donc d’une norme française dont le but est d’assurer la sécurité de toute installation, que ce soit au niveau d’une maison, d’un lieu de travail ou même d’un lieu public.

 

Elle ne concerne évidemment pas que les prises, mais elle en évoque aussi ce cas particulier, tout en reprenant aussi les particularités du tableau, des disjoncteurs, du câblage ou des éclairages.

 

Attention, la loi entourant cette norme est appelée à évoluer avec les besoins, avec la technologie et avec des cas particuliers éventuels rencontrés. Ainsi, alors que cette norme remonte quand même à 1956, des arrêtés ne cessent de la faire évoluer et sa dernière version est celle de 2002 qui, elle-même, contient des arrêtés la remettant à jour régulièrement, les derniers arrêtés datant de 2016.

Ces derniers mettent notamment en avant les titres 10 et 11 créés en novembre 2015, respectivement sur les installations électriques à basse tension et sur les installations de communication pour les logements et s’appliquent aux constructions réalisées depuis le 1er septembre 2016.

 

Le matériel de base

La prise de courant ne s’entend pas comme seul équipement. Elle doit, effectivement, être reliée à un disjoncteur, lui-même partie intégrante d’un tableau dans lequel se situe un différentiel.

Enfin, un câblage avec gaine permet d’en assurer son alimentation.

Pour tous ces éléments, la norme NF C 15-100 doit aussi s’appliquer et imposer certaines règles.

 

Sans aller jusqu’au compteur électrique, dont la nouvelle génération connectée du nom de Linky est en cours d’installation en France, il faut savoir que le ou les circuits de prises électriques sont reliés à un disjoncteur d’une puissance minimale de 16 A et à un différentiel de 30 mA. Cette puissance minimale est cependant en lien avec l’appareil connecté et, dans certains cas, peut demander une puissance de 32 A, ce qui est, par exemple, le cas d’une cuisinière électrique avec plaques à induction.

 

De la même façon, le câblage qui alimente ces prises pourra varier de 1,5 mm² à 6 mm². Selon la puissance des éléments, vous pourrez relier alors plus de prises, qui nécessiteront aussi un disjoncteur plus ou moins puissant, selon le tableau suivant :

 

Puissance totale des prises

Section de chaque fil

Intensité du disjoncteur

3500 watts

1,5 mm²

16 A

4500 watts

2,5 mm²

20 A

5750 watts

4 mm²

25 A

7250 watts

6 mm²

32 A

 

 

Ainsi, selon les appareils connectés, radiateurs électriques, table de cuisson ou simple téléviseur ou ordinateur, vous saurez combien de prises vous pouvez relier à un disjoncteur afin que ce dernier tolère la puissance totale utilisée.

 

Il est évident que, sauf besoin spécifique, l’alimentation en 1,5 mm² est plus facile à passer dans une gaine, et plus facile à connecter. Par contre, face à certains besoins, une alimentation en 3 x 2,5 vous évitera d’avoir à passer un second circuit.

 

Dans le cas d’un garage pouvant aussi servir d’atelier, le passage d’un câblage en 2,5 mm² sera aussi une sécurité pour utiliser certains outils électriques plus consommateurs.

 

Sauf cas exceptionnel, le câblage s’effectue à partir de 3 fils qui sont :

  • un fil jaune/vert pour la terre ;
  • un fil bleu pour le neutre ;
  • un fil rouge, noir ou marron pour la phase.

 

Les différentes prises de courant

Il existe, toutefois, un certain nombre de prises électriques différentes les unes des autres. Si, en fonction de la norme française, elles sont toutes en 230 volts, il est ainsi possible de prévoir des prises encastrables, mais aussi des prises électriques en applique, appelées aussi en saillie, des prises étanches pour l’extérieur, ou encore des prises électriques disposant de sécurité enfant.

 

Elles peuvent aussi disposer de la terre ou vous en dispenser tout comme proposer des puissances encore plus fortes de 20 ou de 32 A, à 2, 3 ou 4 alvéoles, en plus de la terre, pour du triphasé, par exemple et des machines-outils spéciales.

 

De plus, vous trouverez des modèles également commandés, que ce soit par une télécommande, par un smartphone ou par une commande vocale type Alexa, Google Home ou Siri, on parle alors de prises connectées.

 

Le cas général des prises de courant

En dehors des cas déjà étudiés comme la puissance des disjoncteurs ou celle du différentiel, la mise à la terre est requise afin d’éviter les risques d’électrocution. Pour que le différentiel soit efficace, il faut que l’ensemble de votre système soit relié à cette terre.

 

Il en est de même pour tous les systèmes parafoudre, que ce soit directement à votre tableau ou en multiprise parafoudre, sans la présence de la terre, ce principe sera également sans aucune efficacité.

 

Les prises pour les radiateurs sont généralement spéciales et disposent d’un principe de passe câble avec branchement direct par domino à l’intérieur.

 

Le nombre de prises par pièce

Avec la norme NF C 15-100, un certain nombre de prises est imposé selon les pièces ainsi que leur surface, parfois.

 

Type de pièce

Nombre de prises mini

séjour jusqu’à 28 m²

5

séjour au-delà 28 m²

7**

cuisine jusqu’à 4 m²

3

cuisine au-delà de 4 m²

6*

chambre

3

autres pièces de + de 4 m² (sauf WC)

1

 

 

* Dans un séjour de plus de 28 m², il faudra ajouter 2 prises à proximité des prises RJ-45.

 

** Dans la cuisine, 4 des 6 prises prévues pour une dimension de plus de 4 m² devront se situer au-dessus du plan de travail et, si nécessaire, un branchement supplémentaire pour une hotte aspirante.

 

Les abris de jardin, les garages, l’extérieur d’une maison n’imposent aucune prise de courant. La disponibilité sera le résultat d’une discussion entre le client et le constructeur ou l’artisan. Il en est de même dans les WC si une pièce leur est dédiée, en dehors de WC inclus dans une salle de bains.

 

Dans le cas d’un circuit, le nombre de socles de prises électriques est limité pour chacun, selon la section des fils qui l’alimentent et sera de :

  • 8 socles maxi pour une section de 1,5 mm² ;
  • 12 socles maxi pour une section de 2,5 mm².

 

A noter que, pour un logement avec accessibilité handicapés, une prise de courant doit se trouver à proximité d’un interrupteur afin de permettre un branchement facile.

 

La hauteur des prises électriques

Parmi les conditions d’installation d’une prise électrique, elles ne doivent pas dépasser une hauteur de 1,30 m au maximum, exception faite de la prise de courant destinée à une hotte, qui doit se situer à 1,80 m du sol.

 

Pour ce qui est du minimum, il est de :

  • 5 cm au-dessus du sol terminé, pour les alvéoles, pour une prise électrique de 16 A ou 20 A ;
  • 12 cm au-dessus du sol terminé, pour les alvéoles, pour une prise de courant de 32 A.

 

Dans ce cas, il existe aussi des exceptions avec des prises de courant encastrées dans le sol. Cependant, elles doivent disposer de certaines spécificités :

  • ne pas se trouver dans une salle de bains ou une salle d’eau ;
  • correspondre à un sol en bois ou en carrelage ;
  • disposer d’obturateurs ;
  • présenter un niveau de protection IP24 contre la pénétration de corps solides (chiffre “2”) et de corps liquides (chiffre “4”) ;
  • présenter un niveau de protection IK08 contre les chocs.

 

Dans un logement prévu avec accessibilité handicapés, la hauteur requise pour une prise se situe entre 0,40 et 1,30 m.

 

Le cas particulier de la cuisine

Aucune prise ne pourra être installée au-dessus de l’évier, ni au-dessus de la plaque de cuisson ou de la cuisinière, si ce n’est la hotte pour ces dernières.

 

Généralement, les différents circuits de prises seront représentés ainsi :

  • un circuit spécial pour la plaque de cuisson ou la cuisinière alimentée en 6 mm² avec un disjoncteur 32 A ;
  • un circuit four, alimenté en 2,5 mm² avec disjoncteur personnalisé 20 A ;
  • un circuit lave-vaisselle, alimenté en 2,5 mm² avec disjoncteur 20 A ;
  • un circuit hotte, alimenté en 1,5 mm² avec disjoncteur 10 A ;
  • un circuit prises de courant autres ;
  • un circuit chauffage si besoin en 1,5 mm² sur disjoncteur 10A et différentiel 30 mA.

 

Le cas particulier des salles de bains ou salles d’eau

Ce type de pièce se caractérise par des volumes répertoriés en fonction du risque que représente la présence de l’électricité à proximité de l’eau. La norme a d’ailleurs vu le remplacement de l’ancien classement en 4 zones par ce nouveau classement en seulement 3 zones afin de simplifier les choses. On reconnaît donc ces volumes selon ce qui suit :

 

  • Volume 0 : c’est la zone même de la baignoire ou celle de la douche où l’eau est directement présente, à l’intérieur de la baignoire ou du receveur.
    Il est évident qu’aucune prise ou autre matériel électrique ne pourra s’y trouver, hormis un appareil dit TBTS (Très Basse Tension de Sécurité) de 12 V qui peut se caractériser par la présence d’un appareil d’éclairage très spécifique à piles ;

 

  • Volume 1 : c’est le volume du risque évident de projection d’eau qui se trouve à une hauteur de 2,25 m au-dessus du sol et, dans le cas d’une douche, sur un rayon de 1,20 m par rapport au centre de la sortie de l’eau de la douche, selon que la tête sera fixe ou amovible et selon que la douche sera ou non protégée (douche à l’italienne).
    Là encore, aucune prise ne sera possible et seul un éclairage 12V IPX5 est possible, avec transformateur à l’extérieur de la zone, un interrupteur pour un circuit en basse tension, un chauffe-eau instantané ou à accumulation de classe I sont possibles.

 

  • Volume 2 : Il représente le volume suivant le précédent sur une distance jusqu’à 0,60 m et toujours sur une hauteur de 2,25 m.
    La seule prise autorisée dès lors est celle d’un rasoir, de 20 à 50 VA, avec transfo de séparation. Il est aussi possible d’y placer un appareil de chauffage de classe 2. En plus de ce qui est possible dans le volume 1, il est aussi possible d’installer un éclairage de classe 2.

 

En résumé, dans ces différentes zones, à part la prise rasoir ou le branchement spécial radiateur classe 2 dans le Volume 2, il n’existe pas d’autres possibilités de prises électriques.

Sorti de ces zones, les restrictions disparaissent et la possibilité de prises de courant devient alors possible, à la condition de la présence de la prise de terre.

 

Le chauffage

Pour la connexion d’un chauffage électrique, il faut s’en remettre au tableau présentant la section de fils et l’intensité du disjoncteur en fonction de la puissance totale maxi afin de savoir quel câblage et quelle installation sont possibles.

 

Il faut aussi savoir que, pour bien profiter de toutes les fonctionnalités du radiateur, le plus souvent la présence d’un 4ème fil sera nécessaire (généralement noir), appelé fil pilote, et qui permet de centraliser les commandes, que ce soit par zone ou par radiateur, de réaliser des programmations centralisées, voire de commander ces derniers à distance, via un smartphone, par exemple, afin de mieux contrôler sa consommation électrique ou retrouver une maison chaude lors d’un retour de week-end ou de vacances.

 

C’est aussi une des normes de la RT 2012, que de pouvoir contrôler ses consommations. La présence d’un écocompteur peut vous y aider.

 

Les radiateurs électriques de classe 2 ou à programmation centralisée ne comportent que 3 fils, y compris le fil pilote, parce qu’ils ne possèdent pas de terre.

 

Attention, un radiateur électrique ne doit pas être connecté sur une prise électrique normale mais sur une ligne indépendante des autres prises ou même de l’éclairage. Il faut, en effet, que le disjoncteur corresponde à la puissance de la ligne et lui ajouter un radiateur de 1.000 ou 1.500 watts, par exemple, peut créer un problème.

 

Les prises RJ45

Un peu hors du domaine des prises électriques, il peut être intéressant de faire un rappel sur d’autres prises qui peuvent se trouver au sein d’un logement neuf ou récent : celles du réseau de communication.

 

Ainsi, entrent désormais dans la norme NF C 15-100, les différentes prises “téléphone” ou “réseau” exigées. Il est notamment requis un package pour le tableau de communication qui comprend :

  • un dispositif DTI (ou DTIo en cas de fibre optique) ;
  • 2 prises RJ-45 pour un T1 ;
  • 3 prises RJ-45 pour un T2 ;
  • 4 prises RJ-45 à partir d’un T3 ;
  • un adaptateur / répartiteur de télé si nécessaire ;
  • un répartiteur téléphone si nécessaire.

 

Il peut être intéressant, à ce sujet, de prévoir un emplacement pour une box auprès du tableau électrique, ainsi que son branchement.

 

Il est également important, dans un logement, qu’une prise de courant soit positionnée à proximité des prises RJ-45 pour y brancher l’ordinateur, la console, ou tout autre appareil relié à cette prise (disque externe, assistant vocal, etc.).

 

La fixation des boîtes

Il est important de rappeler qu’il est désormais interdit d’installer des prises qui viennent se fixer à l’aide de griffes dans la boîte encastrée. Trop de prises ont été constatées sorties de leur réceptacle, ce qui représente un danger certain pour les adultes, mais encore plus pour les enfants, peu avertis du risque que peut représenter l’électricité.

 

Le cache doit donc pouvoir se fixer directement sur la boîte, désormais.

 

Le prix d’un électricien

Un rappel du prix d’intervention d’un électricien est alors important pour une intervention ponctuelle pour la pose d’une prise.

 

L’intérêt de lui faire appel est que le travail sera réalisé dans les règles de l’art, avec toute la sécurité nécessaire au niveau des branchements, des sections de fils et des disjoncteurs ou différentiels requis. Vous disposerez aussi d’une garantie en cas de problème ultérieur et de remboursement par votre compagnie d’assurance.

 

Vous trouverez d’ailleurs plus amples détails dans le guide sur le tarif d’un électricien par travaux et par horaire.

 

Dans ce cadre, il est d’ailleurs précisé que la fourniture et pose d’une prise de courant 16 A revient autour de 60 à 90 € et que, dans le cas de fourniture et pose d’un disjoncteur, il vous faudra prévoir de 130 à 180 €, ainsi qu’autour de 60 € pour une boîte de dérivation.

 

Ces prix s’entendent pour des travaux à l’unité, ils sont différents dès lors que l’électricien aura toute une installation à réaliser.

 

Le diagnostic électrique

Le diagnostic électrique est aujourd’hui obligatoire pour la vente de tout logement datant de plus de 15 ans. Il est réalisé par un professionnel qui doit répondre à un certain nombre de points de contrôle.

 

Suite à ce diagnostic, les travaux ne sont pas obligatoires mais le compte rendu sera joint lors du compromis et de la vente et l’acquéreur tiendra vraisemblablement compte du prix de la remise aux normes en cas de travaux non réalisés.

 

Le prix d’un diagnostic électrique se situe dans un ordre de prix de 150 €, environ. On en retrouve aussi des détails dans le guide sur le Prix de la mise aux normes électriques et conseils.

Ce diagnostic électrique est aussi obligatoire pour la location d’un logement.

 

Dans le cas d’un logement neuf, c’est le Consuel qui se charge de valider l’installation électrique réalisée.

 

Le prix d’une rénovation électrique

La rénovation électrique d’une construction ancienne ne passe pas par une remise aux normes, mais par une remise en sécurité, ce qui ne nécessite donc pas de tout refaire comme le serait une construction neuve, mais de veiller à ce que votre installation soit suffisamment protégée.

 

Cette mise en sécurité suffit pour occuper son propre logement. Une simple remise en état d’un logement simple et disposant de peu d’anomalies est estimée à environ 1.000 €.

Pour une remise aux normes complète, il faut compter de 60 à 120 € le m².

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