Le prix de construction d'un puit perdu

Mis à jour le 20 avril 2018
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2018-04-20 07:30:00
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Le puits perdu : utilité

Le puits perdu, appelé aussi puisard, est là pour éviter toutes les infiltrations qui pourraient se produire et assainir une propriété. Que ce soit des eaux de pluie, les eaux que vous rejetez après avoir lavé votre voiture, celles que vous pouvez pomper de votre piscine ou celles qui vous ont servi à arroser, votre terrain ne pompe pas forcément tout.

Si vous êtes en contrebas de la route, vous pouvez même voir les pluies d’orage se déverser chez vous depuis assez loin. La présence d’un terrain argileux peut aussi contribuer à rendre ces eaux encore plus stagnantes.

 

Pour peu que vous possédiez un garage enterré ou semi-enterré, vous risquez une inondation plus ou moins partielle avec des conséquences même assez graves si votre chaudière, une lingerie, votre cave, un congélateur et autres s’y trouvent.

Et il ne s’agit là que de l’une des conséquences immédiates puisque vous pouvez en voir d’autres se profiler quelques semaines, quelques mois ou quelques années après comme des problèmes d’humidité récurrents dans toute l’habitation et une véritable érosion de vos fondations.

 

Le puits perdu : le principe

Le puits perdu n’est pas un système de récupération des eaux mais un système d’évacuation. Ce qui signifie que, déjà, vous ne pouvez pas y rejeter vos eaux usées. Ces dernières doivent être filtrées pour ne pas polluer la nappe phréatique.

Et que le principe de puits perdu, ou de puits d’infiltration, et aussi un principe différent, donc, du puits de récupération qui, lui, vous servira par exemple pour laver votre voiture, pour arroser votre jardin, etc.

Ce principe est notamment conseillé lors de terrain avec une pente et, entre autres, parce que vous n’avez pas à faire ruisseler vos eaux de pluie chez vos voisins du dessous. Un trou creusé dans le sol et dans lequel viennent se disposer des couronnes de béton perforées en est la base.

 

La réglementation

Afin de s’assurer du bon droit, il est préférable de s’adresser en mairie afin de voir si aucune décision ne vient en interdire la réalisation. De la même façon, un professionnel contacté se chargera de cette démarche avant d’effectuer le travail.

Ensuite, il existe un certain nombre de réglementations vous obligeant à gérer vos eaux de pluie ou vous limitant la façon de le faire.

Par exemple, l’article 681 du Code civil précise : “Tout propriétaire doit établir des toits de manière que les eaux pluviales s'écoulent sur son terrain ou sur la voie publique ; il ne peut les faire verser sur le fonds de son voisin.” Ce qui vous oblige à prendre en charge vos eaux de pluie et à ne pas les laisser se déverser chez vos voisins. Ce qui a des conséquences, bien entendu, dans le cas d’un bâtiment en limite de propriété, mais aussi lorsque la pente de votre terrain pourrait les déverser sur une propriété en dessous de chez vous. C’est ce que prévoient alors les articles 640 et 641 du Code civil : “si l'usage de ces eaux ou la direction qui leur est donnée aggrave la servitude naturelle d'écoulement établie par l'article 640, une indemnité est due au propriétaire du fonds inférieur”. L’indemnisation n’aura donc lieu que si une intervention humaine aggravait le cas, à savoir comment serait ressentie l’effet d’une construction.

 

Sur le plan réglementaire, vous aurez aussi des distances à prévoir selon les situations, par exemple :

  • 3 m de la limite de propriété ;
  • 5 m d’une habitation ;
  • 5 m d’une route ;
  • 2 m d’une nappe d’eau ;
  • 3 m d’un arbre ou d’un arbuste ;
  • 30 m de tout captage d’eau ou puits ;
  • 40 m d’un cimetière.

 

Mais aussi certaines interdictions comme celles de forer près d’un assainissement individuel, d’une fosse à fumier ou d’un champ agricole ou de réaliser un puisard lorsque la nappe phréatique est trop près de la surface du terrain ou que ce terrain est inondable ou insuffisamment perméable.

 

Les conseils

Une fois prises en compte toutes les réglementations et interdictions, il vous faudra surtout étudier le ruissellement des eaux de pluie sur votre terrain et leur infiltration afin de décider comment optimiser le positionnement d’un puits perdu. Vous devrez aussi prendre en compte la nature de ce terrain afin de ne pas le prévoir sur une nappe d’argile, par exemple, à partir de laquelle l’infiltration ne pourrait pas s’opérer.

Dans le cas d’un terrain en pente, il sera idéalement au plus près possible du bas. Dans un cas plus général, il se situera le plus près possible de l’évacuation des eaux, par exemple à proximité de vos tuyaux de descente, dans la limite des 5 m de l’habitation comme vu dans la réglementation.

Un moyen de tester est de réaliser, au préalable, plusieurs cavités à une profondeur d’1 m et, par temps de pluie, de voir celle qui se vide le plus rapidement.

 

Les avantages et inconvénients du puits perdu

Un puits perdu est une bonne solution lorsque votre maison n’est pas reliée à un assainissement collectif ou lorsque votre commune interdit le déversement des eaux de pluie dans ce réseau collectif. C’est aussi une solution qui n’exige que peu de place et ne vous revient pas trop cher si le travail est fait dès la construction, lorsque tous les engins nécessaires pour le terrassement sont présents. En outre, quasiment aucun entretien n’est nécessaire.

Par contre, il faudra donc vous assurer de votre bon droit et de ne pas y mêler les eaux usées susceptibles de polluer la nappe phréatique.

 

Quel type de puits perdu

Il existe différents types et différentes notions de puisards selon la nature du terrain et le résultat souhaité :

  • le puits perdu vertical : une buse verticale d’un diamètre d’environ 1 mètre dispose ensuite d’un tuyau horizontal vers le fond afin de drainer les eaux. Il s’apparente parfaitement aux terrains en pente ;
  • le puits perdu incliné : pour les terrains à faible pente, ce procédé suffira car il est de moindre capacité. Cette capacité se détermine par la longueur du tuyau incliné ;
  • le puits perdu à évacuation directe : d’une section régulière, il évacue naturellement les eaux vers la nappe et dispose d’une profondeur qui se règle selon le débit d’eau à absorber (entre 3 m et 30 m de profondeur) ;
  • le puits perdu filtrant : il est plutôt utilisé dans le besoin de filtration d’eaux provenant d’une fosse septique, par exemple ;
  • le puits perdu à vase de stockage : ce principe s’apparente à celui à évacuation directe, sauf qu’il dispose, sur sa partie haute de ce qui est appelé une chambre d’évacuation qui stocke l’eau en complément, lorsque l’évacuation n’est pas assez rapide ou les débits d’eaux de pluie trop importants.

 

La réalisation d’un puits perdu

Voici les différentes étapes pour réaliser un puits perdu :

  • Le terrassement est donc la première opération à effectuer. Selon la nature du sol et sa capacité à évacuer l’eau, un trou d’une profondeur d’environ 2 m 50 est réalisé.
  • Une couche de graviers d’au moins 20 cm d’épaisseur est déposée au fond, généralement en calibre 40/60.
  • Une plaque en béton perforé est placée sur cette couche de graviers et recouverte, elle-même, de grosses pierres afin d’obtenir une porosité de plus de 90 %.
  • Il faut alors recouvrir le tout d’un film géotextile qui évitera la repousse de mauvaises herbes qui pourraient perturber cette porosité. Une seconde plaque béton pourra recouvrir l’ensemble.
  • Les arrivées d’eaux pluviales sont alors connectées sur la partie supérieure de ce puisard.

Il est important de veiller à l’entretien du puits perdu pour s’assurer de son bon fonctionnement dans le temps, en évacuant les déchets et, si nécessaire, en remplaçant le film géotextile.

 

Le prix pour construire un puits perdu

Un travail réalisé tel que décrit ci-dessus revient entre 1.000 et 3.000 € selon le terrain, la surface totale d’eaux de pluie à évacuer, le matériel nécessaire pour réaliser le terrassement et la région de ces travaux. On parle aussi d’un prix situé entre 200 et 400 €/m3qui se complète avec le couvercle revenant à environ 200 €.

Par exemple, sur un sol bien perméable, qu’il soit calcaire, sableux ou limoneux, un trou de 2,5 m en profondeur sera envisagé, avec un diamètre de 0,80 m. Pour un terrain argileux, pour un sol humifère ou en présence de marne, le trop sera d’au moins 5 m de profondeur (et jusqu’à 25 m) pour un diamètre de 1 m 50. Il vous faudra aussi une couche de gravier, alors, de 50 cm.

A noter que, dans certains cas, il existe des cellules de puits d’infiltration toutes prêtes qu’il ne reste qu’à faire enterrer sur un lit de sable préparé auparavant et recouvert d’un film géotextile.

La demande d’un devis vous assure d’avoir un prix personnalisé selon vos besoins et votre situation et de vous proposer la meilleure solution.

 

Le prix de la pompe de puisard

Parfois, vous pouvez aussi placer une pompe à puisard dans une partie basse de votre construction afin d’éviter qu’une cave ou un sous-sol enterré ou semi-enterré ne soit recouvert d’eau. En créant une partie basse dans votre béton et en y plaçant cette pompe, elle évacuera l’eau vers votre puits d’infiltration.

Le prix d’une telle pompe coûtera entre 150 et 450 € selon son principe de fonctionnement (immergée, automatique, etc.).

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