Construire un mur de soutènement : prix et travaux

Mis à jour le 14 mai 2018
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2018-05-14 06:45:00
Mur en gabion

Pour un terrain en pente, pour un terrain en terrasse, lors de fondations profondes n’atteignant pas la roche et risquant la poussée de la terre ou, parfois, celle de l’eau, construire un mur de soutènement va assurer la solidité de l’ensemble.

Différents principes existent pour une telle réalisation, qui ont chacun leur avantage ou leur spécialité et qu’un professionnel vous conseillera de choisir selon votre terrain, selon la construction, selon la difficulté ou le prix.

 

Entre les travaux à réaliser au préalable, les précautions à prendre, le drainage à effectuer, les travaux de finition et l’entretien à surveiller, vous pourrez mieux appréhender ce type de construction et faire appel à un spécialiste en toute connaissance de cause.

 

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Le principe du mur de soutènement

Le principe consiste en un mur suffisamment solide qui puisse retenir cette poussée qui provient d’un point haut, d’un tassement ou de l’infiltration de l’eau. Une bonne résistance lui sera donc indispensable.

Si ce mur de soutènement peut être utile en partie haute, au niveau d’un garage enterré, par exemple, il peut aussi l’être en partie basse si la pente du terrain a été compensée par un apport de terre permettant d’avoir un niveau horizontal et un mur évitant que cet apport ne s’écoule le long de la pente. Des travaux de maçonnerie viendront donc consolider l’ensemble de votre construction.
 

Les normes pour un mur de soutènement

Si aucune norme précise n’existe pour un mur de soutènement, il faut s’en remettre aux normes DTU liées à la construction et ce qui concerne les murs ou les fondations, DTU 13.12 et DTU 20.1, mais aussi au Fascicule 62 du Cahier des Clauses Techniques Générales (C.C.T.G.) et BAEL (Béton Armé aux États Limites). La section 9 de l’Eurocode 7 aborde aussi cette question.

 

L’étude de sol

Toutefois, avant de vous lancer, ou de lancer un professionnel, dans la construction d’un mur de soutènement, une étude de sol sera nécessaire car, en présence d’argile, de tourbe ou de vase, il n’aura aucune résistance et risque de céder devant les variations que pourrait subir le terrain.

Le risque est alors le tassement ou, même le poinçonnement et par cette déformation, un basculement complet de ce mur.

En outre, cette étude de sol va aider à calculer la résistance indispensable et, ainsi, les caractéristiques qui composeront ce mur.

 

Les préalables à la réalisation d’un mur de soutènement

Avant de réaliser un mur de soutènement il faut néanmoins savoir qu’il n’est pas possible de le construire dans n’importe quelle condition. Parmi les règles à respecter, il faut savoir que :

  • le mur ne peut retenir une pente de terrain de 10% et plus ;
  • ce mur ne doit pas dépasser 4 mètres de haut ;
  • la force de la poussée ne doit pas atteindre 175 déca Newton/m²

Les autres contraintes seront vues dans les paragraphes suivants, comme la nécessité de drainage, par exemple.

C’est pourquoi il est indispensable de faire appel à des experts pour la réalisation d’un mur de soutènement et, notamment, à un bureau d’études qui pourra calculer cette force de la poussée.

 

Les fondations du mur de soutènement

L’une des autres conditions obligatoires du mur de soutènement est de disposer de fondations hors gel, comme pour toute autre fondation. En effet, l’effet du gel peut être désastreux et provoquer, en profondeur, une déformation du terrain qui soulèverait ces fondations et fragiliserait, ainsi, tout l’édifice.

 

On détermine la profondeur du hors gel selon la région de la construction. Différentes zones existent alors en France pour conseiller sur ces profondeurs à respecter :

  • 50 cm dans un pourtour côtier qui part de la Haute Normandie et descend au Pays Basque avant de repartir vers le Sud-est ;
  • 60 cm pour un schéma partant du Pas-de-Calais et rejoignant en ligne droite la partie ouest du Massif Central (Lot), tout en comprenant les Alpes ;
  • 70 cm pour ce même schéma légèrement plus à l’Est (depuis le Nord) et descendant vers les parties Puy-de-Dôme et Haute-Loire ;
  • 80 cm pour des régions Ardennes, Lorraine, Savoie ;
  • 90 cm pour l’Alsace.

Quant à la largeur des fondations, elle sera fonction de la hauteur totale du mur (fondations + mur compris). Ce rapport devra se situer entre 0,33 et 0,6 fois cette hauteur totale. Ainsi, pour une hauteur de fondation de 0,50 m et 2,5 m de mur, la largeur de fondations se situera entre 1 et 2 m. Le prix de telles fondations se situeront alors entre 100 et 200 € par m3.

 

Prix des différentes techniques de construction d’un mur de soutènement

Il existe donc différentes techniques pour réaliser un mur de soutènement et le choix ne se fait pas au gré du constructeur mais plutôt selon les caractéristiques du terrain dont sa pente et la nature de ce qu’il doit retenir (terre, pierres, etc.). Mais la décision pourra aussi dépendre du cubage de cette terre et de ces pierres à retenir ainsi que du mur en lui-même (hauteur, longueur).

 

Le mur de soutènement en béton armé ou en parpaings
Si le principe est le même, celui du T à l’envers, ce qui explique la largeur de la fondation précédemment présentée, il en découle deux solutions : le béton armé et le parpaing. Une bonne armature est essentielle à la tenue de ce mur puisque c’est elle qui participera grandement à sa résistance, raison pour laquelle il faut s’en remettre à un expert. Prévoir un prix de l’ordre de 250 € le m² en béton armé, de 150 à 400 € le m² en béton préfabriqué et de 100 à 150 € le m² en parpaings.
 

Le mur poids

Dans le cas du mur poids, comme l’indique son nom, la résistance provient du poids du mur, fait de gabions, de pierre, d’atalus, etc. La technique demande un peu moins de précision que l’armature du précédent.
 

Le mur en gabions

Dans la déclinaison du précédent, le principe repose sur des cages de l’ordre de 1 ou 2 m3 posées sur les semelles ou sur une très bonne assise et remplies de cailloux. Ces cages sont posées les unes sur les autres et les unes à côté des autres selon la résistance nécessaire. L’avantage de cette solution est de proposer un mur de soutènement parfaitement drainant. On est alors sur un tarif autour de 300 à 350 € le m².
 

Le talus en enrochement

Ce sont ici de grosses roches qui résistent à la poussée du talus. Leur poids permet cette résistance et ne nécessite pas un travail conséquent, si ce n’est celui de leur transport et d’engins permettant leur dépose. Un prix de l’ordre de 200 € le m² est à prévoir sans compter les frais éventuels de terrassement préalable.
 

Le mur en pierres sèches

Principe beaucoup plus ancien, le mur en pierre sèche a, pour lui, une très belle esthétique qui s’appuie, néanmoins, sur un gros travail pour sélectionner les pierres adaptées à chaque fois pour présenter un joli travail uniforme. Pour un prix qui reste dans les 300 € le m². Là encore, le drainage reste très bon naturellement.
 

Le mur végétalisé

Ce sont, ici, les sacs de sable qui viennent soutenir l’ensemble et réaliser la résistance du mur de soutènement. Très drainant, il est aussi facile à réaliser sur le plan technique mais la difficulté provient de sa finition, beaucoup plus longue pour le végétaliser, et qui nécessite d’avoir la main verte. Le prix est très variable, dépendant de la résistance, de la réalisation seule ou de l’emploi de kit et du type de végétalisation réalisé. Mais on pourra le réussir dans des prix similaires aux précédents.
 

Le drainage

Chacun est responsable des eaux pluviales qui sont sur son terrain et il n’est pas possible de les laisser ruisseler chez son voisin, selon l’article 681 du Code civil. Il est donc indispensable de bien penser au drainage du mur de soutènement, notamment. Si ce drainage est naturel dans le cas de l’enrochement, des pierres sèches, du mur végétalisé ou des gabions, ce n’est plus le cas concernant le mur en béton armé ou en parpaings qui ne présente pas cette spécificité.

 

Il faut donc prévoir un remblai drainant ou un drainage sur le principe dit de la chaussette : un tube PVC percé, encerclé de cailloux, le tout entouré d’un film géotextile pour solidariser l’ensemble et longeant le pied du mur. De 30 à 70 € du ml.

Il faut aussi penser à protéger les armatures du mur en béton armé, par une étanchéité à l’arrière, en contact avec l’eau et la terre.

 

S’il est possible d’utiliser la terre décapée, mélangée avec des cailloux, pour aussi assurer le bon drainage, il faut quand même que cette terre soit étudiée par un expert qui assurera ses bonnes capacités drainantes (par exemple, l’argile ne l’est pas). Sinon, il faudra ramener une terre extérieure spécialement conçue.

 

L’entretien du mur de soutènement

Il ne suffit pas de prévoir un bon drainage, il faudra aussi s’assurer que ce tube ne se bouche pas avec le temps pour que le drainage persiste. Il faudra éviter aussi de planter, trop près, des arbres dont les racines pourraient venir rechercher cette humidité et boucher l’ensemble et/ou fragiliser le mur.

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